Le Centre Bahreïnite pour les Droits de l’Homme (BCHR) s’inquiète du ciblage permanent des poètes et des écrivains pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression et de création artistique.

Le 22 juillet, le poète Khalil Al-Ismaeel a été convoqué au commissariat de police de Budaiya où il fut arrêté. Le jour suivant, il a été conduit au ministère public. Il a été interrogé pour un poème qu’il avait écrit et récité lors d’un rassemblement public. Par conséquent les autorités l’ont accusé d’avoir « récité un poème politique » et de « rassemblement illégal » à Duraz. Le ministère public l’a placé en détention pour 15 jours dans l’attente d’une enquête sur ces accusations.

Al-Ismaeel est célèbre à Bahreïn pour ses poèmes engagés – dans lesquels il exprime son soutien pour le mouvement populaire pro-démocratique.

Au moins une autre personne a été récemment visée en rapport avec la liberté d’expression artistique. Le chanteur religieux Sayed Hasan Alawi est jugé pour un poème récité durant une cérémonie funèbre. Il a passé 3 mois en détention provisoire jusqu’à sa libération le 20 juillet 2016. Son procès est en cours.

Le BCHR a constaté d’autres affaires au cours de l’année dernière, y compris ces derniers mois, de poètes convoqués et arrêtés pour avoir écrit ou récité de la poésie. Ceci en violation directe de l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui stipule que « Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ». Ce droit inclut toutes les formes d’arts et d’expression artistique.
 

Le Centre Bahreïnite pour les Droits de l’Homme appelle le gouvernement de Bahreïn à :
    Libérer immédiatement et sans conditions le poète Khalil Al-Ismaeel et tous les prisonniers politiques arrêtés pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté de parole et d’expression ;
    Respecter la législation internationale préservant le droit à la liberté d’expression sans aucune restrictions ou procédures judiciaires arbitraires ;
    Mettre fin aux représailles politiques à l’encontre de poètes, de chanteurs et de tout autre artistes et les autoriser à exercer librement leur droit de s’exprimer librement ; et
    Mettre un terme à la pratique d’imposer arbitrairement des limitations sur la liberté de parole