2 août 2016 – La Haute Cour Pénale à Bahreïn a aujourd’hui reporté pour la seconde fois le procès de l’éminent défenseur des droits de l’homme Nabeel Rajab jusqu’au 5 septembre 2016. Les charges contre Rajab constituent une grave violation de son droit à la liberté d’expression. Le juge a de nouveau refusé une demande faite par l’avocat de Rajab pour sa libération en raison de sa mauvaise santé et de l’absence de preuves fournies par l’accusation. Les ONG soussignées condamnent fermement le harcèlement permanent de Nabeel Rajab et la prolongation supplémentaire de sa détention.

Le gouvernement de Bahreïn a tout d’abord arrêté Rajab le 2 avril 2015 et l’a inculpé pour des commentaires partagés sur Twitter à propos de la torture dans la Prison de Jau et de la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. Les autorités l’ont initialement relâché le 13 juillet 2015 mais n’ont pas abandonné les charges. Moins d’un an plus tard, le 13 juin 2016, le gouvernement a incarcéré une fois de plus Rajab pour une autre et nouvelle accusation, celle de diffusion de « nouvelles, de déclarations et de rumeurs fausses et malveillantes ».

D’après Rajab, les forces de sécurité du gouvernement ont gardé Rajab en isolement depuis son arrestation dans des conditions très précaires, causant ainsi une détérioration grave de son état de santé. Son avocat a déclaré que les forces de sécurité du gouvernement harcèlent régulièrement Rajab durant sa détention. De plus, des responsables gouvernementaux surveillent étroitement ses conversations lors des visites de sa famille violant ainsi le droit à la vie privée. Le gouvernement a récemment refusé une permission de sortie exceptionnelle après le décès d’un proche.

Rajab restera détenu au moins jusqu’à la date de son prochain procès lequel est reporté  continuellement par les tribunaux. La Haute Cour Pénale de Bahreïn a d’abord reporté le procès de Rajab du 12 juillet lors duquel le tribunal a tout d’abord écouté toutes les accusations faite à son encontre il y a plus d’un an et ses avocats ont eu connaissance d’une charge supplémentaire pour avoir insulté l’Arabie Saoudite.

Rajab risque jusqu’à 10 ans de prison s’il est reconnu coupable de diffusion de « nouvelles, de déclarations et de rumeurs fausses et malveillantes » conformément à l’article 133 du Code pénal de Bahreïn. S’il est condamné en vertu de l’article 215 du Code pénal pour « offense à un pays étranger [Arabie Saoudite] » dans des tweets en rapport avec la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, il encourt deux ans d’emprisonnement supplémentaire. Il risque une peine additionnelle de trois ans s’il est déclaré coupable d’ « offense à un organisme d’état » en application de l’article 216 du Code pénal pour des commentaires portant sur la Prison de Jau à Bahreïn. Au total, Rajab pourrait recevoir 15 ans d’emprisonnement pour ses déclarations sur Twitter.

Le gouvernement de Bahreïn doit mettre fin à ses représailles incessantes contre les défenseurs des droits de l’homme. Nous appelons la communauté internationale à réagir vigoureusement contre l’arrestation de Nabeel Rajab. Nous demandons par ailleurs que le gouvernement de Bahreïn libère immédiatement et sans condition Rajab et qu’il commence par respecter ses droits élémentaires.

Americans for Democracy & Human Rights in Bahrain (ADHRB)
Bahrain Center for Human Rights (BCHR)
Bahrain Institute for Rights & Democracy (BIRD)
European Center for Democracy and Human Rights (ECDHR)
Justice Human Rights Organizations (JHRO)